Polémique: L214 dénonce l’existence de « vaches à hublot » en Sarthe 

Propriété du groupe agro-industriel Avril, l’entreprise Sanders possède une ferme expérimentale dans la commune sarthoise de Saint-Symphorien dont l’objectif est d’innover en matière d’alimentation animale.

L’association L214 dévoile  un reportage vidéo qui dénonce le traitement réservé aux animaux.

Connue pour dénoncer des cas de maltraitance animale, l’association L214 publie ce jeudi 20 juin 2019 sur son site internet un reportage qui met à l’index une ferme expérimentale sarthoise, propriété de l’entreprise Sanders, le leader de la nutrition animale en France, ainsi qu’une pétition pour dénoncer les pratiques de cette société.

Sur la base d’images tournées au printemps 2019 et fournies « par deux lanceurs d’alerte » selon Sébastien Arsac, cofondateur de L214, l’association nous plonge dans les coulisses de la ferme de Sourches à Saint-Symphorien pour constater comment sont réalisées les recherches et comment y vivent les animaux.

On y constate notamment l’existence de vaches à hublot (ou « vaches fistulées »), c’est-à-dire des vaches qui ont été ouvertes sur le flanc afin d’y installer un hublot. Cet élément permet aux agents de l’entreprise de venir introduire des aliments directement dans le rumen, l’une des quatre parties de l’estomac des bovins. Dans le reportage, on peut ainsi voir des salariés ouvrir (parfois avec difficulté) ce hublot avant d’y plonger le bras pour déposer ou reprendre un produit soumis au test du système digestif bovin. Visiblement habituées à ces actes, les vaches ne réagissent pas.

Le reportage montre également des veaux esseulés, des lapins ou des cochons entassés dans des cages, et des poulets énormes qui ont bien des difficultés à se mettre sur leurs pattes.

Une plainte au Mans

Sur la base de ces éléments, L214 entend porter plainte auprès du procureur de la République du Mans  « contre ce centre pour expérimentations en dehors des objectifs définis par la loi et pour sévices graves sur les animaux ».

Car L214 le rappelle : « les expérimentations sur les animaux ne peuvent être menées que s’il y a stricte nécessité ». Pour Sébastien Arsac, dans ce cas, « il est difficile de justifier la stricte nécessité. Cette pose de hublot, c’est de la mutilation. Et ça ne sert que la recherche de profit de cette entreprise privée ».

Pour lui, Sanders pourrait faire le choix de privilégier des rumens artificiels pour éviter ces tests sur les animaux.

Contacté pour réagir à ces accusations, le groupe agro-industriel Avril à qui appartient Sanders n’a pas répondu à nos sollicitations.

Une pratique ancienne

La pose de hublots sur les vaches ne date pas d’hier. Cela fait des dizaines d’années que cela se pratique et ce dans plusieurs pays.

Dans un reportage effectué sur le site de Sourches à Saint-Symphorien en 2014, Le Maine Libre avait déjà évoqué dans ses colonnes l’existence de cet outil de recherche. L’entreprise créée en 1958 nous confiait alors utiliser un hublot sur cinq animaux sans vouloir cependant nous donner accès à cette partie de la ferme.

Des recherches qui avaient vocation à améliorer la qualité du lait ainsi que la quantité produite, mais aussi à… réduire les gaz à effet de serre. En effet, Sanders avait confié en 2008 que l’alimentation créée ici en Sarthe avait permis de diminuer les émissions de méthane des vaches de 30 à 40 %.

Sans nier l’effet de cette alimentation, L214 crie au « green washing » sur le sujet. « Il est cocasse de constater que les filières de productions animales tentent aujourd’hui de légitimer la fistulation des vaches en vertu de la lutte contre les gaz à effet de serre, alors que c’est justement les expérimentations réalisées avec des vaches fistulées qui ont conduit à augmenter la quantité de méthane émis par les vaches : en modifiant leur régime alimentaire pour leur faire produire plus de lait, les vaches émettent un tiers de méthane de plus ».

Pour L214, la seule façon de réduire les gaz à effet de serre serait, comme le préconise le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), de limiter la consommation moyenne de viande de ruminants à 10 g par jour ».

Une ferme de plus de 200 hectares

« La Ferme d’innovations et de recherches de Sourches est le premier centre privé d’innovations et de recherches en nutrition animale d’Europe ». C’est ainsi que se présente la ferme de Sourches sur son propre site internet.

En 2015, dans un reportage déjà été réalisé par un journal local, cette ferme pratiquait environ 300 essais par an avec des organismes de recherche fondamentale, des grandes entreprises de l’agroalimentaire, ou des institutions d’enseignement.

Elle testait également 1 500 aliments sous le contrôle de 55 salariés et 35 chercheurs.

À l’époque, la ferme de Sourches annonçait avoir 140 vaches laitières, 120 jeunes bovins, 7 200 volailles, près de 8 000 porcs et des centaines de lapins.

Avec la voix de Nagui

Le reportage de L214 est commenté avec la voix du célèbre animateur de télévision et radio Nagui. Une personnalité sollicitée par L214 « car on avait remarqué qu’il avait des déclarations favorables au bien-être animal », explique Sébastien Arsac.

Contacté, l’animateur a répondu favorablement et dénonce la situation dans l’usine sarthoise : « Pour Sanders et pour l’élevage intensif, qui est largement majoritaire en France, aujourd’hui les animaux ne sont que des machines à produire, une simple matière première à notre disposition… Il faut mettre un terme à cette course à la performance qui se fait au détriment de la santé des animaux et de notre santé. Exigeons l’arrêt de ces expériences ».

 

Source Le Maine 

 

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