Covid 19 : La CGT est irresponsable !

L’usine Renault de Sandouville fermée pour une semaine au minimum

Saisi par la CGT, le tribunal du Havre a ordonné jeudi dernier la fermeture provisoire du site pour des questions de procédures. Les autres syndicats du groupe ont vivement critiqué l’initiative.
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Le tribunal judiciaire du Havre a ordonné jeudi au constructeur automobile de fermer provisoirement le site d’assemblage de véhicules utilitaires situé en Seine-Maritime.

A Sandouville, l’usine Renault devait reproduire à 100 % ce lundi. Mais les lignes seront finalement à l’arrêt, et les 1.900 salariés et les 700 intérimaires attendus chez eux. Suite à une procédure en référé déposée par la CGT le 24 avril, le tribunal judiciaire du Havre a ordonné jeudi au constructeur automobile de fermer provisoirement ce site d’assemblage de véhicules utilitaires situé en Seine-Maritime.

La direction n’a eu d’autre choix que de s’exécuter aussitôt . Dimanche, le groupe indiquait vouloir faire appel dès que possible, et relancer la procédure d’information des personnels pour rouvrir le site au plus tôt – il faudra a priori compter sur une bonne semaine de pause. Les quelques milliers de fourgonnettes non produites seront rattrapées au cours des semaines suivantes. «Je regrette la décision de la CGT à Sandouville», a affirmé Bruno Le Maire lundi matin sur BFM Business, le ministre de l’économie regrettant «une décision qui est mauvaise pour Sandouville» alors que l’industrie automobile est «en grande difficulté

Coup de tonnerre

Ce jugement est un nouveau coup de tonnerre pour les entreprises inquiètes des risques juridiques liés au COVID-19. Chez Renault, les autres organisations syndicales ont vivement dénoncé l’opération de la CGT. Même Laurent Berger, le grand patron de la CFDT, a son opinion sur le sujet : « Ce qui s’était passé à Sandouville, c’était un dialogue social assez exemplaire sur la reprise d’activité en toute sécurité pour les travailleurs […]. La posture de la CGT est irresponsable et infondée », assène-t-il sur France Inter.

Que s’est-il passé à l’embouchure de la Seine ? D’après l’ordonnance de référé consultée par « Les Echos », ce sont essentiellement des défauts de procédure qui ont motivé la décision du juge, qui ne se prononce pas sur le fond du protocole sanitaire. Les membres du CSE ont par exemple été invités par e-mail et non par recommandé avec accusé de réception.

L’ordonnance indique ainsi que « la commission santé, sécurité et conditions de travail de l’établissement n’a pas été convoquée ». Que « la convocation du CSE est irrégulière », et enfin que la société « n’a pas remis aux membres du CSE l’ensemble des éléments portant sur les modalités opérationnelles de l’activité en vue de la reprise ». En conséquence, le tribunal condamne Renault « à suspendre la reprise de sa production […], le temps de la mise en place effective de chacune des mesures précitées, cette reprise ne permettant pas d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs de l’usine face au risque lié au COVID-19. »

Nouveau CSE

Selon le jugement, Renault devra convoquer un nouveau CSE (la direction entend utiliser des huissiers cette fois-ci), revoir son évaluation des risques, ou encore organiser une formation « pratique et appropriée » pour les « matériels de protection » – masques ou visières.

« Le jugement ne met pas en cause les mesures, il se base sur des éléments préalables à la reprise, et pas sur des constatations », dit-on à la direction du Losange, où l’on ajoute que le dispositif anti-Covid mis en place découle de négociations effectuées au niveau du groupe, puis de la France, puis enfin de chaque site.

Les autres syndicats abasourdis

Seule la CGT n’avait pas signé l’accord central relatif à la reprise de la production. Les autres organisations syndicales sont abasourdies. « Sandouville est pour moi l’un des meilleurs sites du groupe pour les mesures sanitaires. Les clients ne risquent-ils pas de se tourner vers la concurrence si on ne peut plus produire ? », s’inquiète Guillaume Ribeyre, délégué central CFE-CGC.

Mariette Rih, chez FO, craint elle « les conséquences sociales et économiques de cette décision ». Quant à Franck Daoût, à la CFDT, il pointe l’impact sur les salariés, dont certains risquent de ne plus bénéficier de l’activité partielle et que le rattrapage nécessaire provoquera sans aucun doute l’obligation de travailler le samedi.

Chez Renault, la CGT n’est plus que le troisième syndicat du groupe depuis les élections de l’été 2019. La CFDT a pris la deuxième position, loin derrière le leader CFE-CGC. A Sandouville, la CGT reste cependant en tête, mais n’est pas majoritaire. Aucune autre procédure type Sandouville ne serait en cours dans l’Hexagone, indique-t-on chez Renault.

Environ 1.000 salariés avaient progressivement repris le chemin des ateliers de Sandouville depuis le 28 avril. Les carnets de commandes du Renault Trafic sont pleins. Bien que négligeable à l’échelle de l’année et surtout de la pandémie, cela reste un nouveau coup dur pour Renault. En mauvaise posture , le groupe doit annoncer un plan de restructuration dans les prochaines semaines.

Source : Merci . Journal Les Echos

 

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